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https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/12/06/le-petrole-ce-reve-qui-pourrait-attiser-les-tensions-entre-les-comores-et-la-france_5393667_3212.html

Le rêve de faire des Comores un pays pétrolier berce le président de l’archipel, Azali Assoumani, après que son prédécesseur, Ikililou Dhoinine, a été le premier à octroyer des blocs d’exploration, en 2012. Mais si une potentielle découverte pourrait changer l’économie du pays, qui pointe au 182e rang mondial en termes de PNB par habitant, elle pourrait également contribuer à tendre les relations avec la France sur la question de Mayotte. Jusqu’à peu, l’exploration pétrolière aux Comores était conduite par de petites firmes qui n’avaient pas les moyens d’envisager seules le forage de puits d’exploration. L’entrée de la compagnie britannique Tullow Oil sur les blocs 35, 36 et 37, fin novembre, va changer la donne. Présente dans une dizaine de pays africains ainsi qu’en Amérique latine, Tullow Oil a déjà à son actif la découverte de pétrole au Ghana et en Ouganda. Elle produit près de 90 000 barils par jour et a des moyens financiers et techniques importants pour mettre en valeur le potentiel offshore des Comores. Jusqu’à présent, seuls des indices favorables ont été recueillis, mais aucune certitude ne permet de dire que les Comores produiront un jour des hydrocarbures. La raison est simple : il n’y a jamais eu de forage au large de l’archipel. Mais si l’exploration a été freinée par la baisse violente des prix du baril à partir de 2014, les cours se sont appréciés de nouveau depuis quelques mois ; et la zone de l’offshore africain comprenant les Comores, le Mozambique et Madagascar fait désormais rêver les géologues et les hommes politiques locaux. (…)
La possible découverte de pétrole offshore risque d’attiser encore un peu plus la tension avec Paris, les Comoriens voyant leur échapper une manne potentielle au large de Mayotte. La France ne mène aucune exploration dans la zone territoriale autour de l’île, considérée par les géologues comme beaucoup moins propice à la découverte d’hydrocarbures.

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https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/12/06/le-petrole-ce-reve-qui-pourrait-attiser-les-tensions-entre-les-comores-et-la-france_5393667_3212.html

The dream of making the Comoros an oil country is a dream that rocked the president of the archipelago, Azali Assoumani, after his predecessor, Ikililou Dhoinine, was the first to grant exploration blocks in 2012. But while a potential discovery could change the country’s economy, which ranks 182nd in the world in terms of GNP per capita, it could also help to extend relations with France on the Mayotte issue. Until recently, oil exploration in the Comoros was carried out by small firms that could not afford to consider drilling exploration wells alone. The entry of the British company Tullow Oil on blocks 35, 36 and 37 at the end of November will change the situation. Present in about ten African countries as well as in Latin America, Tullow Oil has already discovered oil in Ghana and Uganda. It produces nearly 90,000 barrels per day and has significant financial and technical resources to develop the offshore potential of the Comoros. So far, only favourable evidence has been collected, but there is no certainty that Comoros will ever produce hydrocarbons. The reason is simple: there has never been any drilling off the archipelago. But while exploration has been held back by the violent drop in oil prices from 2014, prices have appreciated again in recent months; and the African offshore area including the Comoros, Mozambique and Madagascar is now a dream for local geologists and politicians.
(…). The possible discovery of offshore oil may further exacerbate the tension with Paris, as the Comorians see a potential windfall escaping them off Mayotte. France does not conduct any exploration in the territorial area around the island, which geologists consider to be much less conducive to the discovery of hydrocarbons.

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