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Avec un territoire à peine plus grand que le parc national de Kruger en Afrique du Sud et une population d’un million d’habitants, Djibouti dépasse largement son poids sur le plan politique. Le pays de la Corne de l’Afrique contrôle l’embouchure de la mer Rouge et, avec elle, l’accès au canal de Suez, l’une des voies maritimes les plus fréquentées du monde. En conséquence, elle accueille des bases militaires américaines, françaises, italiennes, chinoises et japonaises ; une base saoudienne est également en projet. Mais la saisie par le gouvernement d’un terminal à conteneurs géré par les Émirats arabes unis – un mouvement prétendument provoqué par la Chine – suggère qu’il cherche à tirer parti de son statut stratégique. En 2006, le président de Djibouti, Omar Guelleh, a signé un contrat de 30 ans avec DP World, l’une des plus grandes sociétés de gestion portuaire au monde, basée à Dubaï, pour construire, gérer et exploiter le terminal à conteneurs de Doraleh. Le terminal a été ouvert en 2009 sous la forme d’une joint venture entre DP World, avec une participation de 33%, et l’autorité portuaire de Djibouti, la PDSA, avec 67%. Puis, en 2013, China Merchants Port Holdings Company (CMPort), cotée à Hong Kong, a contrôlé une filiale du groupe public China Merchants Group et a pris une participation de 23,5% dans PDSA. Le port “s’est avéré être un énorme succès, générant des profits annuels de plusieurs dizaines de millions de dollars américains”, selon un rapport publié dans Global News. (…) La prise de Doraleh par Djibouti et la politique qui l’entoure risquent de transformer le “grand jeu” des grandes puissances au goulot d’étranglement de la mer Rouge en une impasse tendue.