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Une décision de justice contre l’exploitation coloniale pourrait menacer une base militaire américaine stratégique dans l’océan Indien. Les défenseurs des droits des Autochtones disent qu’il est grand temps. La récente décision de la Cour internationale de Justice, basée à La Haye, selon laquelle les îles Chagos – avec leur énorme base militaire américaine à Diego Garcia – sont illégalement occupées par le Royaume-Uni (R.-U.) pourrait bouleverser les plans stratégiques d’une dizaine de capitales régionales, de Beijing à Riyadh.
Pour une petite parcelle de terre ne mesurant que 38 milles de long, Diego Garcia projette une longue ombre. Parfois appelés ” porte-avions insubmersibles ” de Washington, les avions et les navires de guerre basés sur l’île ont joué un rôle essentiel dans la première et la deuxième guerre du Golfe, l’invasion de l’Afghanistan et la guerre en Libye. Sa position stratégique entre l’Afrique et l’Indonésie et à 1 000 milles au sud de l’Inde permet aux États-Unis d’accéder au Moyen-Orient, à l’Asie centrale, à l’Asie du Sud et au vaste océan Indien. Aucun pétrolier, aucun navire de guerre, aucun avion ne peut se déplacer à son insu. La plupart des Américains n’ont jamais entendu parler de Diego Garcia pour une bonne raison : Aucun journaliste n’y a été autorisé depuis plus de 30 ans, et le Pentagone garde la base enveloppée dans un cocon de sécurité nationale. En effet, le Royaume-Uni a loué la base aux Américains en 1966 sans en informer ni le Parlement britannique ni le Congrès américain. La décision de la Cour du 25 février a mis un frein à tout cela en décidant que la Grande-Bretagne avait violé la résolution 1514 des Nations Unies interdisant la division des colonies avant l’indépendance. Le Royaume-Uni a séparé les îles Chagos de l’île Maurice, une ancienne colonie de la côte sud-est de l’Afrique que la Grande-Bretagne a décolonisée en 1968. A l’époque, Maurice s’y opposait, n’acceptant à contrecœur qu’après que la Grande-Bretagne eut menacé de retirer son offre d’indépendance.
La Cour a statué 13-1 que le Royaume-Uni s’était engagé dans un “acte illicite” et devait décoloniser les Chagos “aussi rapidement que possible”. (…)